vendredi 21 novembre 2014

Joyeux anniversaire bleu

___Lorsque que s'installe une quelconque situation compliquée, une petite part d'entre nous se retrouve bien souvent pris dans ses filets sans n'avoir rien demandé à personne, sans n'avoir eu son mot à dire, sans n'avoir fait aucun choix pour en arriver ici. Les enfants.
___Embrigadé et en route pour endosser le triste rôle d'"enfant soldat" ou "esclave sexuel" ; séparé de son père qui doit quitter la France, expulsé ; privé de l'école, des soins sanitaires car ne possède pas d'identité ; mariée à 13 ans comme 49% des Éthiopiennes... Ceci nous semble à des années lumières de notre petites vies tranquilles. Ceci, sont les histoires des petites filles et petits garçons qui respirent en même temps que vous sur notre Terre, a seulement quelques heures d'avions. 

___Hier, nous fêtions les 25 ans de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, texte déclinant les Droits de l'Homme à ceux de l'enfant. La convention résulte d'un long processus qui fut finalement adopté en 1989 par l'ONU. Elle prône notamment le droit à l'éducation, à la santé, à la non-discrimination, à une famille, à un niveau de vie suffisant, à l'identité, à la protection en cas de conflit armé, mais aussi le droit d'être protégé contre les privations de liberté, contre le travail forcé, et tant d'autres choses... Parmi les 193 Etats reconnus par l'ONU, seulement trois d'entre eux n'ont pas ratifié le traité : les Etats-Unis (car certains Etats sont encore favorables à la peine capitale), la Somalie et le Sud-Soudan (à cause de contextes politiques troubles).

___Ceci me permet de vous parler de l'acteur principal de cette convention, agence que j'affectionne tout particulièrement : l'UNICEF. Ledit Fond des Nations Unies pour l'Enfance est un organe de l'ONUconsacrée à l'amélioration et à la promotion de la condition des enfants depuis 1946. Ses missions sont très larges, et consistent tantôt à apporter l'eau potable dans des bidonvilles africains, à militer contre le Sida (création de la série Shuga avec MTV), à vacciner massivement des enfants défavorisés, à prévenir contre la malnutrition, à réintégrer des enfants-soldats dans la société, mais aussi à construire des bibliothèques dans des lieux où règne la misère. 
L'action de l'UNICEF a la caractéristique d'être durable, c'est son souhait. L'organisation travaille alors main dans la main avec les Etats afin d'assurer une longévité et une continuité aux projets réalisés, une fois qu'elle aura quitté le terrain. Depuis presque 70 ans, les missions opérées sauvent des milliers d'enfants, de familles, mais il y a encore tant de choses à faire...

___Je suis militante UNICEF, mon rôle est de collecter certes, mais surtout de sensibiliser. Je veux être concise ce soir et aller à l'essentiel car je tiens à ce que chacun aille au bout de sa lecture sans s'ennuyer... Mais je souhaite de tout cœur discuter à nouveau de tout cela avec vous ! Vous parler des éléments et convictions qui m'ont portée jusque là, des humbles petits projets que j'ai pour participer à cette belle, grande aventure qu'est l'UNICEF. Avant un prochain article sur le sujet, si vous avez des interrogations, si vous souhaitez parler encore avec moi de l'UNICEF, de la Convention, si vous êtes curieux, n'hésitez pas et c'est les bras ouverts que je vous recevrais !


Dernière chose : si vous souhaitez faire un don, l'organisation vous propose de choisir ce que vous allez envoyer aux enfants. Une façon de savoir concrètement à quoi votre intervention va servir. Un livre, un jeu, un vaccin, un kit de protection contre Ebola, une malette "école en boîte" pour 40 élèves... Le choix est large ! Et ils ont tant besoin de nous...





Affectueusement votre,
Lou

mercredi 8 octobre 2014

apologie des fruits et légumes

___Mes petits pois et jeunes carottes,

___Mercredi dernier, c'était la journée internationale du VÉGÉTARISME ! De quoi célébrer nos chers amis de tout temps : les légumes !

Oh, je vois... Je vous ai cerné, bande de petits malins. Ne faites pas cette tête, je sais bien que vous faites partie de cette bande de carnassiers qui a des hauts le cœur à la vue de quoi que ce soit de vert dans leurs assiettes. Je devine aussi que vos alliés sont pâtes, patates, et autres féculents ; que le mot "fruit" ne fait pas partie de votre vocabulaire ; que vous pensez qu'il n'y a aucun aliment plus ingrat que le chou de Bruxelles (revient alors vous hanter cette cruelle odeur âcre galopant hors de la cantine, imprégnant vos vêtements et vos cheveux, dégommant votre estomac lors de ce jour d'école, pendant votre année de CM2). Et bien, mes cocos, vous avez TORT ! Fervente défenseuse (si si, ce mot existe !) des droits des fruits et légumes pour dévaler vos œsophage, je vais vous montrer en quelques points qu'ils peuvent devenir vos meilleurs amis


Que nous apporte fruits et légumes ?

- une plus jolie peau
Les fruits et légumes seraient pleins de 

bons éléments favorisant une peau de bébé.

- de meilleures nuits 
La digestion de ces petits coquins serait plus simple : 
après le diner, notre petit ventre travaillerait moins 
ce qui nous permettrait d'être plus reposés après une bonne nuit. 

- une meilleure humeur
"Nous sommes ce que nous mangeons", n'est-ce pas ? 

Même topo, digestion facile = pas de mal de ventre = happiness !

- le sentiment d'être sexy 
Si si ! En mangeant un peu plus léger, 
nous nous sentons nous-même plus léger 
et plus canons. C'est, là encore, une question de digestion.


+ N'oubliez pas que la plupart des fruits et légumes ne sont absolument pas gras et peu sucrés : si vous les cuisinez de façon équilibrée ou les mangez crus, vous pouvez vous resservir à volonté ! De quoi laisser la culpabilité au placard tout en se remplissant l'estomac.

___Bien, j'espère vous avoir convaincu. Et si ce n'est toujours pas le cas, je vous propose de réaliser cette petite recette très simple, élaborée par moi-même (hihihih) exclusivement pour vous ! 


La tour de Pise se met a table

pour réaliser cette recette, il vous faut :
Coupez vos aubergines dans le sens de la largeur puis, dans un plat à four, disposer vos plus grosses tranches, recouvrez-les de sauce tomate et déposez-y une tranche de mozzarella ou de fromage de chèvre. Puis répétez ceci jusqu'à terminer l'aubergine, en posant les tranches de la plus grande a la plus petite.

Saupoudrez vos tours de parmesan et ajoutez-y les herbes aromatiques de votre choix (ici, de la ciboulette.

Puis, s'il vous reste de l'aubergine, coupez tout ceci en tranches, beurrez-les légèrement, disposez-les dans un plat à gratin et saupoudrez de parmesan et herbes.

Enfin, direction le four, à 180°C et pendant 45 minutes !Vous pouvez préparer du riz sauvage pour accompagner gratins et tours.

Et voilà ! Tout est prêt à être dégusté dévoré, bande de gloutons !


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Vous pouvez aussi faire leur fête à 5 tomates, 1/2 concombre et quelques feuilles de menthe,les envoyer au mixeur accompagné de sel et de poivre pour les servir en entrée sous le nom de "gazpacho" ! Trop chic pour une recette aussi simple...



ALLEZ ZOU, à vos fourneaux !
Et n'oubliez pas, healthy is the new sexy. Personne ne parle de régime ici, prenez simplement soin de vous : mangez pleins de bonnes choses tant qu'elles sont saines, et PROMIS, votre corps vous remerciera.

+ envoyez-moi un mail afin de vous inscrire à la newsletter et être les premiers au courant de ce qu'il se passe sur le blog ! Newsletter-SeedsOfLou@hotmail.com 

Fruitivement votre,

Lou.

samedi 27 septembre 2014

feminisman


___Parce qu'il n'y a véritablement AUCUN lieu où la femmes est tout à fait à l'abris du harcèlement, AUCUN endroit sur Terre où l'égalité des sexes est totale et que le progrès social fondamental de notre siècle réside au cœur de cette égalité, je voudrais passer un coup de chiffon et dépoussiérer pour de bon ce mot tant redouté par tous :
pas de fioritures, d'effet boa comme sur mon
haut de page, pas de rose, pas de strass car NON,
le féminisme n'a rien de girly, 
et c'est un problème 
de droits humains avant d'être un problème de femmes.


___De nos jours, le terme de féminisme est imprégné d'une connotation très largement péjorative et est synonymes d’agressivité, d'isolement et de haine contre les hommes. Cet amalgame doit être détruit : le féminisme est le concept que les hommes et les femmes doivent avoir les mêmes droits, les mêmes opportunités. Il s'agit de l'égalité politique, économique et sociale entre les sexes. Depuis quelques années, cette part de la population qui paraissait être dans la ligne de mire du féminisme commence à prendre part à cette cause. Les hommes s'indignent et élèvent la voix contre les discriminations faites aux filles et femmes.
___Aujourd'hui, crocos et belles gazelles, attachez vos ceintures, cap sur : du féminisme et des hommes.

Si vous détestez le mot (le féminisme ndlr), ça ne fait rien car c'est l'idée et l'ambition qu'il dégage qui sont importants. [...] Nous luttons pour bâtir un monde unifié, mais la bonne nouvelle est que nous avons déjà un mouvement unifié, il s'appelle HeForShe déclarait Emma Watson lundi dernier lors d'un discours tenu à l'ONU.

___Un mouvement
___L'actrice, qui est ambassadrice pour le droit des femmes aux Nations Unis depuis 6 mois maintenant, a alors invité les hommes du monde entier à se joindre à cette cause, mené jusqu'ici par et pour les femmes, à tort. En effet, Hillary Clinton donnait en 1997 un discours pour le droit des femmes à Pékin. Aujourd'hui, bon nombre des changements qu'il appelait se font toujours attendre. Moins de 30% de l'auditoire était masculin : comment changer les choses si seulement la moitié des acteurs sont invités au dialogue ?
HeForShe, c'est donc l'idée que l'union fait la force. L'idée qu'il faut unir l'humanité entière afin de signer l’arrêt de mort de ces discriminations (à savoir les inégalités de revenus pour un même travail effectué, des jugements de valeurs si la jeune fille ne joue pas le rôle que la société attend d'elle -si elle est trop autoritaire lorsqu'elle monte une pièce de théâtre, cite Emma Watson, tandis que cela n'est pas un soucis si les garçons le sont- et autres).
Il s'agit donc d'un ENGAGEMENT des hommes à prendre des mesures contre toutes formes de violence ou discrimination faites aux filles ou aux femmes, selon le site officiel du mouvement. Pour s'engager, il suffit justement de se rendre sur ce site, d'entrer son nom, son pays, son adresse e-mail. Une carte du monde y indique le nombre d'engagés par pays. 10 713 pour les Etats-Unis, 5 656 pour la France, 4 au Mali, 151 en Iran et 3 422 pour l'Inde, ainsi qu'un total mondial de 152 564 hommes s'y sont inscrits depuis le lancement en début de semaine, à l'heure où je vous écris.
___De nombreuses célébrités soutiennent le projet et en font la promotion telles que Matt Damon, Harry Styles, Patrick Stewart, le Prince Harry, ainsi que certains Hommes politiques des Etats-Unis, du Rajastan, du Japon.









___Cependant, le projet présente des limites : les discriminations faites aux hommes existent (par exemple pour la garde des enfants suite à un divorce, compliquée lorsqu'on est un homme car souvent jugée illégitime). Selon le Time, HeForShe est incomplet : Un vrai "dialogue" doit laisser les 2 partis s'exprimer et partager leurs difficultés pour toutes les combattre.



___Un homme s'y colle
___Thomas Mathieu abandonne sa prépa maths et part étudier le bande dessinée a Saint-Luc Bruxelles. Il ouvre un blog, puis publie quelques albums chez de petits éditeurs dans lesquels il y narre par exemple ses déboires amoureux et ceux de ces amis. Il continue, en parallèle, la BD pour le web et participe à plusieurs projets en tout genre. 
___Alors qu'il souhaite monter un nouveau projet, le harcèlement de rue se fraie un chemin sur la toile et touche l'auteur. Ce dernier en discute avec ses amies filles qui l'épatent par le nombre d'histoires qu'elles ont à raconter : il en fait le coeur de son projet. Naît alors le blog Projet Crocodiles.
Ce tumblr, à la fois simple et percutant, rassemble des planches qui racontent en quelques bulles des histoires de harcèlement, de misogynie, de fails sentimentaux, mais surtout des histoire vraies. Les filles envoient leurs histoires à Thomas, un réel échange à lieu afin que la mini BD soit la plus réaliste possible (tout en conservant l'anonymat). L'auteur travaille également avec des blogs et articles féministes pour mieux comprendre les problèmes dont il est question, mais aussi dans une volonté d'apporter des solutions à ces problèmes, par exemple comment agir ou réagir en tant que témoin au harcèlement. 
Le résultat : des planches touchantes, qui sensibilisent réellement et astucieusement chacun d'entre nous à ce que vivent souvent les femmes, tout en apportant du positif. Et PUNAISE qu'est-ce que ça fait du bien qu'un homme se sente concerné par ça...
Mais alors, pourquoi Projet Crocodile ? Et bien parce que dans ces mini BD, les hommes sont remplacés par des crocos ! Métaphore un peu clichée du dragueur/prédateur, on peut aussi y voir une illustration du privilège masculin. Car dans le Projet Crocodiles, mêmes les types sympas sont montrés en crocodiles, tout comme ils jouissent de certains privilèges, sans même s'en rendre compte, indique Thomas sur le site de son éditeur. Car OUI, le Projet Crocodiles sera en librairie dés le 24 octobre prochain ! Edité par Le Lombard.
-plus sur le harcèlement de rue par ici




Thomas Mathieu,
"le féminisme est pour tout le monde"



Et vous, vous en pensez quoi ?


Féminismement votre,
Lou.

dimanche 31 août 2014

ce Mur qui a détruit le mien

___Salut mes petits ratons,

___Il y a quelques mois, à l'occasion du festival littéraire L'Escale du Livre, j'ai rencontré l'homme dont l'ultime livre a bouleversé ma vision de la vie. Ces derniers temps, ça sent fort la nouvelle rentrée littéraire : bouquins à gogo sur les étalages, articles littéraires qui foisonnent sur les blogs, notifications à répétition à propos d'ouvrages par 20minutes... Je tenais à y mettre mon grain de sel et vous faire part de cette rencontre, une des plus émouvantes que j'ai pu faire.

___Par une belle journée d'avril, je me déplace innocemment à l'intérieur du cœur de l'Escale, puis me dirige vers une salle du conservatoire afin d'assister à un grand débat dont le titre me fait saliver d'avance, "la littérature face au mal". Au programme, une grande question : quels sont les liens qu'entretiennent la littérature et la part obscure de la nature humaine ? (Face à l’absurdité du monde et dans un contexte de transformation des valeurs morales et idéologiques, la littérature est plus que jamais nécessaire à la lutte contre la barbarie et l’oubli). 



___J'entre, toujours aussi innocente, dans cette magnifique salle dite Vitez, excitée aussi de prendre part à la vie littéraire contemporaine. Puis, les auteurs sollicités apparaissent sur scène. Ils sont six en tout. Une personne les interroge un à un, chacun parle de son dernier ouvrage et de son idée de la littérature face au mal. Ils sont six, mais je n'en vois qu'un. Ses mots sont justes, atrocement poignants, me touchent comme jamais. Sa voix est solide, tranche par rapport à celle des autres, et pourtant j'y aperçois les traces d'une mémoire douloureuse. La sincérité, aussi, m'étrangle. Jamais personne ne m'avait paru aussi captivant... Et j'ai l'impression d'étouffer lorsqu'il n'a plus la parole, que c'est un autre auteur qui s'exprime. "Vite, vite, rendez-lui donc le micro !",  tous ont l'air si vide, leurs discours si plats, je ne me nourrissais plus que des mots de cet auteur-ci. Cet homme, Sorj Chalandon
 

___Le lendemain matin a eu lieu la remise du prix des lecteurs de l'Escale. C'est Chalandon qui l'a reçu pour son dernier ouvrage, et je m'y suis bien sûr rendue. Avant d'entrer dans la salle, je suis allée faire un tour près des stands. Il n'y avait pas un chat, mais il y avait celui pour qui j'étais ici. Nous avons discuté, je suis repartie avec son livre, Le Quatrième Mur. Lors de la remise du prix, Chalandon a parlé de son livre, de son histoire. C'est un homme fort mais dont le cœur était abîmé par une mosaïque d'horreurs humaines que j'ai découvert. Reporteur de guerre pendant trente-quatre ans pour Libération, ses œuvres sont des alliages de sentiments bruts ressentis par l'homme, de faits de guerre réels, vécus, de paysages observés et de rencontres, mais de fiction aussi. En découle alors des textes incroyables, forts. 

___Le Quatrième Mur, c'est l'histoire d'une promesse sacrée d'un homme à son ami presque défunt. La promesse que lui, Georges, réaliserait le projet de Samuel après sa mort. La promesse qu'il monterait la pièce Antigone, de Jean Anouilh, à Beyrouth en 1982 tandis que la guerre civile fait rage et que tous s'entre-détruisent. La promesse que chaque personnage de la pièce viendrait d'un camp différent. La promesse d'un instant de trêve, de paix, de rêve au cœur de la haine qui les habitent, grâce au théâtre. C'est aussi l'histoire d'un homme qui se retrouve au milieu d'une guerre pour laquelle il s'éprend. Un homme qui ne parvient plus à accepter la paix de chez lui. Car, on parle souvent de l'horreur de la guerre elle-même, mais imagine-t-on ce que ressent un homme qui doit essuyer les larmes de sa fille, désespérée parce qu'il n'y a plus de Coca-Cola, tandis qu'à quelques heures d'avion il sait des milliers d'enfants mourir de soif à cause de la guerre ? Le retour à la paix... Manœuvre bien difficile. 


___à ne pas lire si vous souhaitez commencer le bouquin
Dans le Quatrième Mur, on se pose dans la peau d'un homme que la guerre dévore petit à petit, un homme qui, finalement, perd la capacité d'aimer. Un homme qui devient un mauvais père parce que son histoire l'a fait ainsi. Se poser dans la peau de cet homme, voir avec ses yeux et toucher avec ses mains. On vit ses actes comme lui les vit, on ne comprend pas forcément, lui-même ne comprend pas toujours. Mais on accepte. Parfois, selon les lectures... Pour ma part, j'ai accepté.

"Le personnage principal s'appelle Georges, et c'est aussi mon deuxième prénom. En fait, Georges, c'est celui que je serais devenu si je n'avais pas accepté de revenir en paix. Je fais dans cette oeuvre le deuil de cet homme-là."

" voyage au coeur de mon coeur 
blessé"

Je ne sais pas si les fervents lecteurs de Chalandon, ceux qui ont été bouleversés par le livre, ceux qui l'ont simplement lu et ceux encore qui n'en ont jamais entendu parler apprécieront mon approche de l'oeuvre ainsi que de l'homme. Vous restituer avec des mots justes ce qu'a été cette lecture et cette rencontre pour moi est un exercice assez périlleux mais... j'espère avoir été suffisamment exacte pour vous faire sentir ici toute la puissance qui émane de ce livre, de cet auteur, et la force avec laquelle elle m'a giflée. 

Affectueusement,
Lou. 

samedi 23 août 2014

gold to grow up

___Bonjour mes saucisses des îles !

___Aujourd'hui, je vais vous parler de quelque chose qui me tient a cœur, me touche (au sens figuré comme au sens propre d'ailleurs, hihihi). Il m'est finalement impossible de faire l'impasse sur lui, il m'est essentiel de vous le faire découvrir !

___Alors voilà. Il y a ceux qu'il débecte, ceux à qui il ne fait ni chaud ni froid, ceux encore qu'il fascine, ceux qu'il intrigue, ceux pour lesquels il constitue une coutume à part entière, ceux qui se distinguent de leur société grâce à lui... 
Si vous pensez au tatouage, vous vous fourrez le doigt dans l’œil (bien que cela m'intéresse aussi). Il sera question dans cet article d'un piercing, et plus précisément de l'anneau à la narine.

___Ce petit coquin a fait son apparition dans le monde de la mode il y a déjà quelques années. On a pu le retrouver sur la lumineuse Daria Werbory pour Isabel Marant, chez Givenchy porté au septum ou encore sur les top Bambi Northwood Blyth, Abbey Lee, Terra Juana... Ainsi, l'anneau nasal a gagné en popularité est s'est très largement démocratisé.


 de gauche à droite : Daria pour Isabel Marant a/w 2013-14, 
et deux mannequins portant des anneaux au septum pour Givenchy a/w 2012-13





 de gauche à droite : Terra Juana, Abbey Lee, Bambi Nothwood Blyth



___La mode, bien... mais vous vous doutez que cet anneau n'est pas né en 2012. En réalité, il puise ses racines bien loin de notre petite Europe. L'anneau nasal est en effet une coutume que pratiquent depuis plus de 500 ans les femmes indiennes, mais également les pakistanaises, les népalaises, les aborigènes d'Australie, et tant d'autres... A l'origine, et d'après le Véda (livre sacré hindou), la narine gauche était préférentiellement percée : la médecine ayurvedique l'associe aux organes génitaux féminins, y porter un piercing faciliterait ainsi l'enfantement. Outre les raisons scientifiques, ce piercing est aussi une façon d'honorer Parvati, la déesse du mariage, mais également le symbole que la jeune femme a trouvé son compagnon pour l'éternité (la veuve retire d'ailleurs son piercing en signe de respect pour le défunt). Il constitue alors la parure incontournable de la fiancée indienne lors du mariage et est, encore aujourd'hui, très populaire en Inde. En somme, le piercing de la narine détermine un moment précis de la vie de la jeune indienne, son passage de l'âge enfant à l'âge adulte




deux indiennes portant l'anneau nasal, 
celle de droite pour une cérémonie de mariage


___Puis, petit bon spacio-temporel, l'actrice française Pauline Polaire fait une apparition aux Etats-Unis en 1913 ornée d'un piercing à la narine. Ce dernier, un anneau orné de perles, aurait été adopté par l'actrice en hommage à la culture Zoulou. Il faudra pourtant attendre les années 60-70 pour que les communautés hippies importent complètement le piercing nasal en occident. L'avènement de la culture punk par la suite contribuera a la démocratisation des modifications corporelles et fera du piercing nasal un symbole de révolte et de rébellion sociale. 


Maintenant que j'ai éclairé les lanternes des plus curieux d'entre vous, fermons cette parenthèse culture et permettez-moi de vous raconter mon histoire... Car oui, moi aussi, ma narine gauche est orné d'un anneau ! Il m'a fallu exactement un an avant de sauter le pas, et voici presque deux mois que, ça y est, ma narine est percée. Retraçons ces quatorze mois ensemble.



___Par une chaude après-midi d’août, lors de l'été 2013, ma cousine parisienne me montre ses bijoux. Bagues, bracelets a gogo, mais aussi écarteurs (ou élargisseurs pour les plus pointilleux ;-)) et quelques faux piercing. L'un me fait de l'oeil : un petit anneau nasal argenté. Je m'empresse de l'essayer et là, énorme coup de cœur. Grosse surprise pour moi qui n'est pourtant pas encore dingo de modifications corporelles, et qui, soyons francs, ne raffole pas franchement des aiguilles... Juste histoire de rire, j'envoie une photo à ma maman qui me répond illico presto un petit hahaha, rêve ! sans appel.
___Puis j'oublie, à 16 ans je me dis que je suis bien trop jeune et que ça n'aurait aucun sens. Alors j'oublie. J'oublie plusieurs mois jusqu'à ce que je tombe sur une photo d'une petite indienne arborant un anneau a la narine gauche. Wow... Quelle est belle... Je cherche la photo que j'avais envoyée a ma maman l'été dernier et l'envie me reprend, très intense cette fois. Je laisse le temps passer afin de voir de quelle façon mûrira cette idée.
___Pendant plusieurs mois encore, je cherche des photos de jeunes filles au nez percé, je me renseigne sur les différents symboles et rôles qu'ont pu avoir cet anneau au cours du temps, je rêve, je fantasme et je m'imagine avec un bout d'or au nez. Je découvre la symbolique hindou du piercing, qui me touche profondément (cette culture elle-même, depuis petite, me fascine). Mon idée se consolide, la fleur devient un fruit, je suis sûre de moi, je passe le cap.
___Bon, franchement, ça fait mal, tu vas verser une larme comme tous les gros caïd qui se font percer le nez, c'est certain, me dit Romain au salon de Piercing, mais c'est vraiment l'histoire d'un dixième de secondes. On y va ? Bim bam boum, après avoir gentiment parlé de Métal et de la douleur bientôt ressentie, choisi ensemble l'endroit où serait fait le trou, Romain s'arme de son aiguille (au bout d'un machin-truc digne du musée de la torture, indescriptible !), s'approche de ma narine, me dit fermes les yeux, Lou, et perce. Crac. Aïe. aïe, aïe, aïe, aïe, mais putain aïe. Fini. Ouf... Vas-te regarder ! La fille dans le miroir a un joli anneau d'or au nez, son maquillage a bien coulé mais elle a l'air ravi ! Elle repart sur son petit vélo, le vent qui lui éclate au visage lui pique carrément le nez mais elle a l'air ravi.
___Et la douleur s'en va. Je n'ai plus eu mal du tout (mis à part quand mon bien-aimé m'embrassait du mauvais coté... outch, nez contre nez c'est pas cool), la cicatrisation est pour l'instant sans embûche bien que la route soit longue : il faut compter entre 6 et 9 mois !
___Les réactions ont été multiples : pendant les premiers jours, j'ai eu l'impression que le regard des gens dans la rue avait nettement changé, mais je pense surtout qu'il s'agissait d'un mauvais tour joué par mon petit cerveau un peu parano. Malgré tout, les mecs tatoués et percés me portent bien plus d'attention qu'avant, et ça c'est pas de la parano ! Mes amis, eux, ont majoritairement trouvé ça extra. Bah voui, il en faut bien un ou deux pour chuchoter mais pourquoi ? lorsque j'ai le dos tourné ;-) Mes parents ont tout de suite aimé, mes grands-parents en ont parfois ri, n'ont parfois rien dit, et n'ont d'autre fois pas vraiment compris. Mon amoureux, lui, adore adore adore !
___Enfin, croyez-le ou non, je me sens nettement plus vivante depuis ce 6 juillet... Et ça, c'est extraordinaire.





Je vous raconterais dans quelques années 
si j'ai eu mal lors d'un accouchement ;-)



Tendrement et piercinguement,

Lou.




___J'en profite pour faire une petite parenthèse également chère à mon cœur. Aujourd'hui, samedi 23 août, nous fêtons les 20 ans de GraceGrace, ce n'est pas une jolie créature entrée depuis peu dans la vie adulte,  sorry boys. Non, c'est un chef d'oeuvre publié en 1994 par mon Jeff Buckley tant adoré. Cet album a joué un rôle particulier dans ma petite vie, je me dois de lui rendre un micro hommage. A chaque écoute il résonne encore plus brûlant que jamais, inlassablement poignant. Si vous ne vous êtes encore jamais penché sur la délicieuse Grace, faites-le sans attendre en cliquant ici
Qu’avait-il de plus que les autres ? Cette singulière beauté propre aux tempéraments ténébreux, chantant comme une femme se jouant des octaves, entre urgence et abandon, jouant de la guitare avec plus de versatilité que de virtuosité.  Marc Bertin, + par là