jeudi 31 octobre 2013

délicatesse glacée

_____Il suffit parfois d'un rien pour chambouler une tonne de choses. Un changement d'heure, un simple changement d'heure et voilà un monde qui fond dans l'oubli pour un autre : l'été qui s'éclipse pour laisser place à l'hiver (oui, car d'après moi il n'y a pas d'automne, juste un été puis un hiver parce que je ne sens aucune différence entre un octobre et un janvier). La ville s'enveloppe d'un doux air frais qui pique le nez à ceux qui osent s'y aventurer, ceux-ci éprouvant alors le besoin de s'envelopper à leur tour dans toutes sortes de laines, encore habitués aux chaleurs estivales. 
_____Cela m'a frappée tout à fait à deux reprises. La première hier soir, lorsque je me suis rendue chez mon amour habitant dans une maison voisine à la mienne. Il n'était pas plus tard que vingt heure. J'ai caressé de mes bottes en cuir les pavés de la rue déserte déjà, et sombre mais éclairée de temps à autres de lampadaires suspendus par des fils relayant deux échoppes se faisant face. Mais, à peine avais-je sorti le bout de mon nez qu'une odeur, certainement la plus délectable et agréable qui soit, le parfum que je préfère entre tous, a envahi mes narines. C'était le délicat arôme de la ville qui s'endort presque pendant que le soleil d'hiver s'abandonne, lui aussi, à un sommeil lourd et profond. Pendant tout mon voyage, je me suis délectée de cette effluve si singulière et pourtant présente chaque fin de mois d'octobre, puis me suis questionnée à son sujet. Était-ce l'odeur du bois qui brulait dans les cheminées, les mets préparés dans les demeures bordant la rue ?
_____Cette modification absolue de manière de vivre m'a également percutée aujourd'hui. Une assommante flemmardise m'a envahie durant la journée entière, et je me suis laissée emporter par les délices d'un jour de vacances dont la fraicheur était trop intense pour la marmotte que je suis. J'ai passé des heures à dévorer un savoureux et splendide roman de Camus sous la couette, dans une chambre dont le saxophone de Miles Davis s'était emparée, éclairée par de simples bougies ci et là, mon petit corps fébrile encore tout endormi ne réclamant que de grands bols de café au lait surplombés de tendre mousse blanche, ainsi que la tendresse du lit.
C'est certainement à cause de cette journée de lecture que j'ai eu envie de vous écrire quelque chose de plus appliqué que d'ordinaire. Et c'est certainement à cause de tant de bouleversements que je ne vous ai pas écrit hier mais que je me suis attachée à le faire ce soir.

Merci d'avoir lu,
Lou.


3 commentaires:

  1. Magnifique, très bien écrit, bravo !

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  2. texte cocooning...hummm

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  3. Salut Lou ! Je voulais te dire que je trouve ton texte magnifique, tu t'es surpassée ! :)
    A vrai dire, cela faisait des mois que je n'étais pas venu sur ton blog, du fait que tu n'avais pas écrit pendant 5 mois l'an dernier... J'ai lu avec plaisir tous les articles que j'avais malheureusement manqué, à mon plus grand regret car ils étaient plus fréquents et plus variés qu'auparavant.
    Désolé d'avoir arrêté de te suivre, et je vois avec tristesse que tu arrêtes d'alimenter ce blog, c'est vraiment dommage car c'est le seul et unique blog que je lisais, et que je suivais avec envie (jusqu'à cette année je t'avoue)... Contente néanmoins que tu essayes d'écrire, j'espère que tu y arriveras car je pense que tu en as les moyens. :)
    Je t'écris tout ça au cas où tu reviendrais sur ton blog et que tu lirais ce commentaire.
    A bientôt, bisous ! ;)

    Diane. <3

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