samedi 13 décembre 2014

Calcifer



___Et voilà, on y est. Cette période étrange pendant laquelle chaque choix nous donne l'impression d'être décisif, chaque geste nous semble nous orienter dogmatiquement. Qu'adviendra-t-il de nous après août ? Voilà le moment intime où la petite boule de feu que l'on pourrait appeler, de façon presque trop sommaire, "excitation", grandit en nous. La flamme gourmande se loge là, au creux de deux côtes, nichée entre le foie et l'estomac, confortablement installée. J'avoue, je m'en délecte. Cette petite chose est insupportable pour certains mais je crois que je l'aime assez. On s'entend bien. Il faut dire qu'on a appris à se connaitre, elle et moi. Elle me rend souvent visite, s'installe toujours au même endroit, au même recoin de ma cage thoracique, se nourrit de mes doutes et de ma peur, toujours à peu près de la même manière, toujours de façon croissante. Et, toujours, elle grandit et devient bien grasse à force de magnifiques festins, repue de cette nourriture abondante, jusqu'au moment fatidique où la réponse, le résultat vient. A ce moment-ci, la grosse bête éclate comme une bulle laissant entre le foie et l'estomac un immense espace vide. Je me sens alors toute légère, moi qui m'étais habituée à bouger pour deux, avec elle et son poids conséquent, là, au centre de mon torse. Peut-être va-t-elle ailleurs, entre les côtes d'un autre, en attendant le moment de revenir entre les miennes. 
 ___Mais pour l'instant, la demoiselle est en moi, tranquille et bien décidée à rester jusqu'à l'été. Protégée du froid, je la vois d'ici avec son large sourire et ses gigantesques yeux brillants se frotter les mains, se délecter des banquets à venir. J'aimerais vous dire qu'elle a les yeux plus gros que le ventre, mais c'est faux. Si elle se frotte les mains, c'est qu'elle sait que je suis une trouillarde et que du stress, elle va en avoir à croquer. Coquine. Elle ne me fait pas peur, elle. En vérité, je lui casse du sucre sur le dos mais j'aime bien la sentir tout contre moi. Ses flammes me brûlent d'adrénaline, ça me réchauffe face au froid de ce mois de décembre. J'ai tendance à prendre 100 ans, à moisir comme un vieux croûton l'hiver, à ne plus rien faire du tout. Merci petite boule de feu, grâce à toi, je bouge mes fesses. 
 ___Souvent, je suis contente de la retrouver : je sais qu'avec elle, j'ai tendance à gagner les défis. D'ailleurs il n'est pas rare que je me sente déboussolée lorsque je l'attends et qu'elle ne vient pas. Cette fois-ci elle est bien là, et ouf... car le challenge est de taille. Incontestablement, il y a du pain sur la planche. Je la sens qui grattouille contre mon ventre, je crois qu'elle veut vous dire qu'on va tout déchirer. 


___Amis presque bacheliers, amis "entre deux", amis qui réalisez de petits et grands projets, faites connaissance avec la petite boule de feu qui s'est blottie entre votre foie et votre estomac. Elle est bien sympa, je vous en fait la promesse, et elle nous rend vivant. Elle fait notre humanité. Elle nous fait vibrer, c'est fugitif, profitez-en.


De feu et de flamme, 
Lou.




_Calcifer


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