dimanche 19 avril 2015

festival, anecdotes, féminisme et BD

___Salut mes petits loups,
___Enfin les vacances, yiha ! Je vais profiter d'avoir plus de temps libre pour vous écrire. J'ai pleins de choses à vous raconter ! 
Le week-end dernier, c'était L'Escale du Livre à Bordeaux. Il s'agit d'un festoche littéraire passionnant, dense, aux conférences et performances riches et très, très variées. J'ai d'ailleurs été jury pour son prix, attribué à Mihn Tran Huy pour l'oeuvre Voyageur malgré lui. Ça n'était pas mon coup de coeur, mais nous parlerons romans une autre fois. Le sujet est aujourd'hui autre, je l'affectionne tout autant (vous commencez à le savoir hihihi...) : le féminisme. 

___Dimanche dernier donc, je me rends à une conférence dont l'intitulé me fait saliver d'avance : "les femmes dans l'espace public : une parole censurée ?". Intitulé résolument trop ambitieux, les promesses faites avec ce titre ne sont absolument pas tenues. La médiatrice me semble à côté du sujet, ses questions manquent cruellement de pertinence. Les auditeurs qui se lèvent et quittent la salle en attestent, tristement... Tant pis, je reste jusqu'à la fin. Et pour cause, devinez qui est invité aux coté de la dessinatrice politique Chantal Montellier : THOMAS MATHIEU !!! Le bédéiste féministe si cher à mon coeur, auteur de la brillante BD Les Crocodiles dont je vous parlais dans un article de septembre dernier. Quel plaisir de l'entendre parler, de rencontrer l'homme derrière les dessins, le projet.  

___Dans le cadre de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes en novembre, des planches de la BD devaient être exposées à Toulouse. Finalement jugées "vulgaires" et "immorales" par certains représentants de la ville, le projet a été interrompu. Cependant, les histoires de harcèlement et sexisme ordinaire que narre Les Crocodiles ne sont ni plus ni moins que des témoignages. De vraies histoires donc, qui sont arrivées à de vraies femmes, ici, en France. Qu'est-ce qui est alors jugé vulgaire et immorale ? Il n'est pas question de fiction ! On juge alors vulgaires et immorales  les vécus de ces femmes, harcelées ou violées. Quel sens cela a-t-il ?! Exposer Les Crocodiles aurait permis à de nombreuses personnes de réaliser ce qu'il se passe quotidiennement au sein de notre société, cette belle France. Pourquoi censurer ? Pourquoi fermer les yeux, encore ?



___Dimanche dernier, il aurait fallu que vous vous glissiez dans ma peau... Vivre cette journée me conforte dans mon féminisme. Je sais que beaucoup d'entre vous, et surtout les hommes, ne savent pas à quel point la rue est masculine, ne connaissent pas les enjeux pour une femme d'être simplement femme dans la rue. Il n'y a là aucun reproche, sans le vivre il est tout à fait naturel de ne pas le mesurer. Pourtant il faut que cela change et que chaque personne, quel que soit son sexe, en prenne conscience. Ainsi, les choses bougeront et les problèmes du harcèlement, de l'insécurité, ou simplement du sexisme auront des chances d'être réglés, tant est qu'ils puissent l'être un jour... C'est d'ailleurs là tout le défi de Crocodiles et de nombreuses autres oeuvres. C'est pour cela donc que je vais vous faire part de deux anecdotes que j'ai vécues dimanche dernier. Deux anecdotes d'une fille lambda. 
Je suis en vélo, je rentre chez moi. J'arrive alors au niveau d'un quinquagénaire qui porte la panoplie parfaite du cycliste : collants en lycra, casque, lunettes, gourde. Je le double, hâtée d'arriver à bon port. 2 minutes plus tard, le voilà qui me rattrape, me demande si mon vélo est électrique. "Non, pas du tout, pourquoi ?" Je le sens venir gros comme une maison... Petit rire du monsieur, qui m'explique qu'il est vexé. Quoi ? Vexé ? Pourquoi ? Aurait-il été piqué dans son égo si je n'avais pas été une FEMME ? Et il en profite pour me draguer. C'est la meilleure.   
Moins drôle. Je retire de l'argent à un distributeur, écouteurs dans les oreilles. En partant, je vois du coin de l'oeil à une vingtaine de mètres de moi un vieil homme -précisons qu'il était habillé tout à fait convenablement et paraissait absolument sobre- qui me regarde avec insistance, me hèle.  Non, il n'a pas pu dire ça, j'ai mal entendu... Je retire mes écouteurs, il cri. "Eh les ptits cuisseaux, les ptits jambons, t'es bonne !" Je lui réponds en furie qu'il pourrait être mon GRAND PERE, bordel. Et voilà, il me traite de connasse, de salope, il me menace, me cri de me casser. Pourquoi ? Parce que je suis une femme, parce que je porte une jupe ?  
___Je vous écris et j'ai la nausée, les mains tremblantes tant ça m'écœure. Ce que partage avec vous, il n'est pas rare que je le vive. Parlez-en autour de vous, chaque femme aura une histoire similaire à vous raconter, d'autres histoires plus glaçantes encore. Peut-être vous même l'avez déjà vécu !  Une étude du Haut conseil à l'égalité des femmes et des hommes a révélé il y a quelques jours que 100% des femmes avaient déjà été importunées dans les transports en commun (plus par ici). Le problème ne réside pas dans une tenue, une façon de marcher, une façon de parler ou de regarder. Il faut dématerialiser la femme une bonne fois pour toute dans les esprits occidentaux. Le problème réside là, dans l'hyper-sexualisation de la femme par la société. Depuis quelques années, de plus en plus de choses sont faites pour la combattre, les artistes sont les premiers acteurs de cette lutte : ici et ici par exemple. 
___Lecteurs, sensibilisez-vous à cela ! Nous sommes sur la voie du changement, nous devons gagner en civisme. Les pierres de l'édifice se posent une à une, apportez la votre.


Passionnément, 
Lou. 

jeudi 2 avril 2015

what u need

____Mes petites saucisses des iles,  
__Ce matin, entre deux cafés, je vous embarque dans un simple voyage de son et d'image. Voici les morceaux et photos qui m'ont touchée et m'inspirent. Cliquez sur les coeurs pour écouter, sur les images pour les agrandir. N'hésitez pas à y réagir, je vous répondrais volontiers, comme toujours ! J'espère que vous serez touchés, piqués au coeur tout pile là où il faut. 
Passionnément,
Lou